Quand on vous parle de Pluton sans rien vous dire de plus que son interprétation, c'est soit que l'on ne sait pas, soit qu'on vous prend pour un con.
Pourquoi ce test fonctionne
Trois planètes de l'astrologie contemporaine sont d'acquisition récente. Elles ne sont visibles à l'œil nu ni depuis Babylone, ni depuis Alexandrie, ni depuis le Moyen Âge. Il a fallu des télescopes, et pour l'une d'elles un calcul de mécanique céleste.
| Corps | Découverte | Par qui |
|---|---|---|
| Uranus | 1781 | William Herschel, au télescope |
| Neptune | 1846 | Urbain Le Verrier, par le calcul, puis observée par Johann Galle |
| Pluton | 1930 | Clyde Tombaugh (reclassée planète naine par l'Union astronomique internationale en 2006) |
La conséquence est mécanique. Aucun texte écrit avant 1930 ne peut attribuer quoi que ce soit à Pluton, pour la raison simple que personne ne savait qu'elle existait. Une table qui lui donne une place, un métal, une sephira, une lame de tarot ou une couleur, et qui se présente en même temps comme un héritage millénaire, vient de se dater elle-même. Elle a été composée après 1930.
Le même raisonnement vaut pour Neptune au-delà de 1846, et pour Uranus au-delà de 1781. Pluton est simplement le cas le plus net, parce que sa date est la plus tardive et la plus facile à retenir.
Le test en pratique
- Ouvrir la table de correspondances, quelle qu'elle soit : kabbale, tarot, pierres, chakras, métaux.
- Chercher Pluton. Puis Neptune, puis Uranus.
- Regarder ce que le texte dit de son propre âge. S'il revendique une origine ancienne et qu'il contient ces corps, les deux affirmations ne peuvent pas être vraies ensemble.
Ce que le critère ne dit pas
Il ne dit pas que ces correspondances sont fausses. Il ne dit pas qu'elles sont sans valeur, ni qu'il faut les jeter. Une construction du XXe siècle peut être fine, utile, et parler juste à beaucoup de gens. Ce qu'elle ne peut pas être, c'est ancienne.
Le critère ne tranche donc pas entre le vrai et le faux. Il tranche entre daté et non daté, et c'est déjà beaucoup : il rend au lecteur un moyen de vérifier par lui-même, au lieu de devoir faire confiance.
L'auteur se l'applique à lui-même
Un critère qu'on réserve aux autres ne vaut rien. Les ouvrages de N.O-Body calculent et interprètent Uranus, Neptune et Pluton, parce que ces trois corps sont d'usage courant dans l'astrologie d'aujourd'hui. Le livre le déclare donc lui-même, en tête du chapitre concerné, avant toute interprétation :
« ET TROIS PLANÈTES MODERNES : Uranus, Neptune et Pluton figurent dans votre portrait. Il faut le dire franchement : elles n'appartiennent à aucune astrologie traditionnelle. Uranus n'a été découverte qu'en 1781, Neptune en 1846, Pluton en 1930 — aucun texte ancien ne pouvait les connaître, et leurs interprétations ont été bâties au XXe siècle. »
Portrait de vie, note des conventions, chapitre d'astrologie occidentale.
Et à chaque endroit du portrait où l'une de ces planètes est interprétée, la mention « hors du corpus traditionnel » accompagne sa date de découverte. Le lecteur n'a pas à faire le tri : le tri lui est montré.
Pourquoi cela compte
Le problème du domaine n'est pas qu'il contienne des erreurs. Tous les domaines en contiennent. Le problème est qu'il a produit un très grand nombre d'affirmations et presque aucun moyen de les départager. Un lecteur de bonne foi se retrouve devant des tables contradictoires, toutes annoncées comme ancestrales, sans rien pour choisir.
Le critère Pluton ne règle pas ce problème. Il fait mieux que rien : il rend un instrument, petit, net, et qui ne demande à personne d'être savant.